L’économie de l’humanité

2tp9n4capnkp41cajgtv70caj57cchcac0spbvcaofdj95can548z1camuawsqcatp31y7ca9za2h8cabg5fdncabrgeq2caki29w6ca7oj180cavbb01zcazbthyqcahs7rgpcaxms3mfca1tzrbdcaxat0ki.jpg  Mon célibat m’a amené à réfléchir et à constater un tas de points communs entre cette société de consommation et le rapport entre les êtres humains. 

Les hommes et les femmes courent, sont très occupés, de plus en plus célibataires, de plus en plus « libres ».

Or il existe des sites permettant de combler cette solitude, des sites dits de rencontres entre hommes et femmes (je prendrai uniquement le féminin et le masculin car c’est le seul lien que je connaisse).L’homme se met-il à consommer aujourd’hui la femme (et inversement) comme un objet produit par notre économie, en regardant, testant et en jetant pour la plupart du temps pour des raisons de non-conformité à ses souhaits ? 


C’est de mon expérience que je tire tout ce qui va suivre et bien évidemment, pour n’impliquer personne d’autre, j’utiliserai la première personne. Je crains néanmoins, avec les échanges que j’ai pu avoir autour de moi, que ce singulier ne puisse devenir pluriel tant les hommes et les femmes sont devenus « difficiles » et « consommateurs », tant les récits de mes compagnes ou mes amis (hommes aussi, bien sûr), me montrent à quel point nous en sommes arrivés. 

Certains sites Internet proposent de laisser une annonce, telles les anciennes annonces de rencontres des journaux.

Si on prête attention aux annonces laissées par les hommes, il revient fréquemment l’idée suivante : « une relation faite d’amour, sans prises de têtes ». L’association cœur – tête est déjà présente avant même que la relation n’existe….

D’autres déclament une véritable déclaration d’amour à de parfaites inconnues, laissant parler leur cœur.

D’autres enfin, annoncent clairement la couleur : le sexe dominera la relation et ne sera parfois que le seul lien entre eux. 

Pour avoir écouté mon cœur dans toutes les relations d’amour ou d’amitié que j’ai pu avoir, je sais très bien que la tête ne rentre en ligne de compte que dès lors que l’on doute, on s’interroge sur le bien-fondé de la relation. 

Suis-je la seule aujourd’hui à ne pas être dans le schéma de la consommation pour mes relations ? J’espère que non, j’espère que j’ai encore des congénères qui croient en leur cœur, qui regardent la femme ou l’homme comme autre chose qu’un objet de consommation presque devenu courant.

Investissement à court, moyen ou long terme ? il semblerait que l’on puisse se poser aussi cette terrible question : me regarde-t-il pour me mettre dans son lit le temps d’une nuit, le temps de trouver mieux ailleurs ou en partenaire potentielle pour quelques années, voire le reste de la vie ?

Fonctionnait-on de la même façon avant ?

 Il est tellement facile de dire aujourd’hui, lorsqu’on est accompagné et que l’on se permet de manger du regard une autre personne : «  ce n’est pas parce qu’on est au régime, que l’on ne peut pas regarder le menu ». Bien, puisque cette assimilation est utilisée, je vais répondre : connaissez vous beaucoup de gourmands capables de résister longtemps ?

 Qui peut se vanter d’avoir toujours été au régime et de n’avoir jamais craqué … exceptionnellement ? L’hypocrisie est bien présente dans cette façon de raisonner. 

Autre sujet de réflexion, pourquoi les femmes mettent autant de soin à dévoiler leurs atouts à travers des décolletés profonds, des tee shirts ultra courts, des jupes aussi courtes, taille basse si possible, des tentatives de laisser apparaître un tatouage, un percing, des pantalons forts serrés à travers lesquels on ne verra que le string. Le string ayant été pensé à l’origine pour qu’on ne voit pas la forme disgracieuse du slip à travers les jupes ou pantalons, l’usage est devenu contraire, on fait en sorte qu’on le voit !

Et bien voilà : on se met en « vente », on dévoile dores et déjà une partie du « produit », peu importe si les esprits seront en phase, le corps cherche déjà à l’être.  

Tel cet homme que je rencontre en juin qui déclare au bout de quelques échanges : si nous fonctionnons bien au niveau sexuel, le reste suivra. (Voir « Les fantômes”, épisode 1).Or, la réalité s’avère tout autre. Nous sommes éloignés, les contraintes professionnelles et personnelles de l’un et l’autre font qu’une rencontre est possible mais difficile.Le temps avance, l’homme est impatient et commence à réclamer plus que les échanges écrits. Les fantasmes traversent l’écran, font naître des envies…

Nos couples sont en danger, nos relations humaines sont en danger : demain, une femme peut séduire celui que j’aime par un procédé sexuel ou autre et l’homme va réagir en consommateur.

Tout est à portée de main, tout, même l’amour.On a interdit les maisons closes mais on laisse des prostituées sur le bord des routes ou dans nos charmantes forêts, on ouvre le monde à travers Internet à des images que certains achetaient dans des magazines, tout gênés parfois face à la vendeuse.

On peut même tout faire sans bouger de chez soi, comme les livraisons à domicile, on pianote sur notre clavier, on branche une web cam et l’amour se fait à travers des fantasmes et des images d’hommes et de femmes qui ne se touchent même plus. 

A la sortie d’un week end passé avec un homme rencontré sur Internet, une foule de réflexions me sont venues et le passé est revenu m’envahir, me permettant peut être de réfléchir au comportement des hommes aujourd’hui (je laisse un homme répondre aux comportements des femmes).Quand on a rencontré quelqu’un sur Internet, on le découvre tout d’abord au travers d’écrits. Le cœur ou la tête parle, bien souvent, le cœur, pour certains.

La découverte se fait donc dans l’esprit, dans la façon d’être et surtout de penser, dans ce qu’il y a peut être de plus profond en nous. Les choses sont rendues faciles derrière un écran. On peut y dévoiler un tas de choses ou au contraire, y cacher ses défauts. On peut se laisser aller ou mentir, on peut rêver ou faire rêver. On peut imaginer et croire encore au prince charmant…

Bien souvent, lorsque les conversations ou échanges de mails ont révélé des points communs ou une attirance, réciproque ou non d’ailleurs, l’un des deux souhaite franchir l’étape de la voix. On en vient donc à l’appel téléphonique, aux longs appels téléphoniques d’ailleurs dans la continuité du rêve que l’on fait. On fait fondre l’autre, on s’attache à la voix, aux mots, on ferme les yeux, on imagine.

 Les photos ont été échangées ou non mais le cap de l’échange que j’appellerais humain est passé. Les mots, le son de la voix, les intonations, résonnent dans la tête et donnent envie déjà d’appeler à nouveau.Là commence déjà un questionnement : dérange-t-on si on appelle trop souvent, comment l’autre va-t-il interpréter nos appels et notre insistance à vouloir lui parler. Doit-on appeler en premier ou attend-on qu’Il nous appelle…Bref, on en arrive déjà à se poser des questions sur ce que l’on fait de bien par rapport à ses valeurs à lui et non aux nôtres. J’en suis même à me demander quels « droits » je peux avoir vis-à-vis de lui, je peux ou non l’appeler, je fais partie de sa vie ou non ?

Terrible impression de ne pouvoir décider de la façon dont je peux m’y prendre pour aimer, pour le montrer, pour le dire, pour le faire. J’ai l’impression de dépendre du bon vouloir de l’autre, de ses décisions, du moment qu’il va choisir pour qu’on se revoit. Des questions tournent dans ma tête et ça me pose déjà un problème alors que ça ne devrait pas. Pourquoi ? quel est l’aspect de moi auquel il faudrait que je renonce pour être la femme parfaite pour lui ? Va-t-il falloir que je prouve, que je change, que je m’adapte ? son questionnement va-t-il être faste ou néfaste ? Pourquoi lui peut-il décider si oui ou non ça va marcher et moi non ? pour le non risque-t-il de l’emporter sur le oui sans aucune discussion possible ? On est en phase de commencement, je m’interroge déjà sur une phase éventuelle de rupture, sur ses origines, sur ma capacité à être aimée, à aimer, à donner. Sur le bien fondé de ma sincérité, sur son utilité, sur les capacités de l’homme à recevoir. De quoi a-t-il besoin ?

Texte écrit fin 2006, de ma plume, à un moment de grande solitude … à n’en pas douter à me relire ! Je commençais le 2° épisode !

~ par reinedespommes sur février 10, 2008.

7 Réponses to “L’économie de l’humanité”

  1. merci pour ces réflexions tellement vraies, réelles, vivantes, criantes de vérité. l’écran et les écrits, la voix et les mots… puis les doutes de la vraie rencontre, de la relation qui peut être ou peut ne pas être ! c’est d’une tristesse à hurler !!!!!!!

  2. Oui, terrible vérité !
    Néanmoins, en me relisant, je me dis que de toute façon, jamais, je ne serai la femme parfaite pour qui que ce soit !
    Qui pourrait l’être ?
    Je suis sûre qu’Adam a trouvé mille défauts à Eve (avant et après avoir croqué la pomme … héhé) et que Eve en a trouvé tout autant à Adam !
    Alors, cessons de douter ! vivons ! que diable ! pffff

  3. Vous parlez de plusieurs notions importantes ici pour moi… qui ne sont pas forcément liées.

    D’abord cette fameuse société de consommation… je suis entièrement d’accord avec vous. On aimerait acheter du sur-mesure… C’est ainsi malheureusement et on ne peut qu’aller contre cela à un niveai individuel.

    Ensuite vous abordez le problème de la virtualité d’une relation, “à cause/grâce” à internet. Là c’est un sujet plus délicat car autant ce moyen de communication peut être formidable et nous ouvrir aux/sur les autres, autant il peut aussi nous enfermer dans un monde totalement idéalisé et irréel.
    J’ai fait de belles rencontres avec internet et je me suis faite avoir au début. Aujourd’hui je redonne à cet “outil” la place qu’il doit avoir : un moyen et rien de plus. Je ne suis pas/plus une rêveuse. Cela ne m’empêche pas de faire encore de belles rencontres et de profiter des échanges, de partager. Mr Y en est le plus bel exemple. Mais ça serait trop long à expliquer…

    Et enfin vous mettez le doigt sur le comportement que nous pouvons avoir au sein d’une relation amoureuse. Quoi faire ? Qu’attend l’autre ? Que cherche t-il ? J’en reviens donc à votre autre post où nous disions qu’il fallait être soi…

  4. Pour les rencontres virtuelles, je crois qu’il faut savoir aussi faire le tri.
    J’ai fait moi aussi de jolies rencontres, heureusement, pour contrebalancer les autres…
    J’ai découvert des gens extraordinaires rien qu’en navigant sur les blogs par exemple (votre couple en est un bon exemple).
    Je crois surtout qu’il faut cesser de rêver derrière un écran et s’inventer des histoires car la vie, la vraie est de ce côté, celui où nous sommes toutes les deux, tous les autres.

    Question amour, c’est le calme ici (:-)) alors, difficile pour moi d’y voir clair. Je prends le temps de bien vivre et de respirer car j’ai beaucoup étouffé, avant d’imaginer qu’une relation amoureuse puisse s’installer dans ma vie.
    Je sais juste que je ne me laisserai plus “bouffer” par l’autre au point de me détruire.
    J’espère aussi être capable de voir clair pour ne plus me faire avoir … petite pomme deviendra grande !

  5. Ca serait très long à expliquer en quelques lignes mais Mr Y et moi ne sommes pas un couple “officiel”. Nous nous sommes connus il y a deux ans par le biais de mon blog et une belle histoire a commencé. Quelque chose de fort s’est créé et nous avons fait le choix de vivre notre histoire d’une manière particulière, à notre manière.

    Il est préférable que je le dise là, suite à votre commentaire, sinon j’aurais vraiment eu l’impression de ne pas être honnête…

  6. … chacun son jardin secret ! merci pour la confidence ;-)
    Alors, c’est une bien jolie histoire que la votre !

  7. Disons que laisser croire, pour moi, c’est mentir…

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