4° déclic
La solitude. Le “qu’en dira-t-on”. Le regard des autres.
Développons !
C’est quoi au juste, une femme seule ?
OK, pas tout à fait seule, avec ses enfants.
Au passage, j’informe ceux qui me font remarquer cela régulièrement, que la solitude, c’est aussi le manque de l’autre adulte à vos côtés. Que rien ne remplace mes enfants, mais que rien ne remplace non plus cette absence.
Bien, ceci étant dit ….
Comment la vit-on au quotidien ?
La réponse est simplissime : on meuble ! et … jamais on ne s’ennuie dites donc ! mais alors jamais !
Parce qu’il a : le boulot, les lessives, les repas, les courses, les rv chez les divers médecins, spécialistes, j’en passe et des meilleurs, les allers retours pour emmener chez les copains, qui habitent de plus en plus loin, le repassage, le jardin, les carreaux, l’aspirateur, les paires de draps à changer, les jouets à ramasser, les poussières à faire disparaitre, l’administratif à penser, à gérer … euh … ça devrait aller pour aujourd’hui tiens !
Oups, j’allais oublier.
Vous savez, messieurs, quand vous rentrez du boulot, le soir, fatigués, vous aimez décompresser un peu, loin des cris et des demandes incessantes des enfants ?
Figurez vous, vous me croyez si vous voulez, que nous aussi dites donc !
Ah oui ! mais … mais, nous ne parlons pas de la même chose puisque, pour nous, cela arrive uniquement quand les enfants sont couchés ! donc, pas de décompression possible avant …. soupir !
Donc, on ne s’ennuie pas, enfin, c’est surtout que l’on a un tas de choses à faire, comme vous l’aurez compris.
Euh, je pense même que ça va au delà, on ne pense pas à s’ennuyer, puisqu’on n’a pas le temps de penser, on est compartimentée, structurée pour tenir le coup !
Choses auxquelles on n’échappe pas, évidemment, puisque nous, les mamans seules, nous savons assumer notre douce progéniture, qu’elle soit grande ou petite.
Bon donc voilà ce que donne cette solitude… en surface.
En profondeur, quelques petits détails auxquels on échappe rarement aussi, du genre : “ha punaise comment on fait pour enrayer une fuite”, “mais c’est pas possible ça qu’il faille crier pour se faire obéir” (des plus grands qui étrangement deviennent sourds de bonne heure), le ras le bol des petites choses (voire grosses) qu’on ne sait absolument pas faire, parce qu’on ne nous a pas appris.
Donc, on bidouille, on bricole et dès qu’on a le temps, et un peu d’argent, on appelle le plombier, qui miraculeusement, nous répare un truc en moins de 5 minutes ! agaçant, je vous le dis !
Bien tout ça c’est le côté magnifique de la maman célibataire.
Mais, ce n’est pas fini !
Elle doit aussi exister dans le monde qui l’entoure.
Et ce monde est peuplé, comme chacun sait, de mauvaises langues, de gens qui s’interrogent (sans jamais vous poser la question), de médisants, de serpents parfois trés venimeux, de scorpions qu’on écraserait bien à la première occasion, bref, de gens équipés d’un petit cerveau.
Or que fait le cerveau du quidam inculte de toutes ces choses ?
Il juge !
Alors, il se dit : “ha ben dis donc, celle là, comment elle fait pour ne pas avoir de mecs ?”
“ah il ne faut pas demander… !” (si, si, justement, demandez !)
“c’est pas possible, elle leur fait peur”
“elle n’a vraiment pas de bol” (le pire !)
et …. vous dit :
“ha vaut mieux vivre seule que mal accompagnée“. Okkkkkk, je ris, si si, promis, je ris, vous avez tellement raison ! (ça rime avec con, non ?)
Donc nous allons en venir à distinguer les vraies célibataires des fausses.
Les vraies ont choisies, alors qu’elles assument ! nom d’un chien !
Par contre, les fausses … pas du tout ! (bon ok, après quelques mois on a envie de dire à celui qui est parti : “merci, tu m’as rendue à moi même”.)
Donc, on pourra en déduire, qu’elles subissent.
Et qu’elles reçoivent en pleine face ces phrases assassines de ci de là ….
Pire encore, les réunions où les couples sont présents, vous, évidemment, soit vous êtes en bout de table, soit vous êtes regardées de travers : attention, danger ! (hé ! surveille ton homme, ce n’est pas ma faute s’il me regarde, pose toi des questions).
Bon il est vrai aussi qu’on est rarement invitée, tellement rarement que ça m’est arrivé une fois l’année dernière, j’en avais les larmes aux yeux ! suis je émotive !
De toute façon, votre langage n’est pas le même puisque vous n’avez absolument pas les mêmes préoccupations (pensez y avant de m’inviter ! ;o) ).
Bref, vous qui ne connaissez pas ce célibat, vous devez ne rien comprendre … et pourtant, c’est simple.
Nous avons inévitablement régulièrement envie de ressembler à madame “tout le monde”, celle qui n’a pas la main vide, celle qui a un bisou le soir, celle qui a un bouquet à son anniversaire… (la liste est longue, je vous épargne).
Or, nous n’y ressemblons pas, donc, nous faisons partie d’un autre monde !
J’arrive à mon 4° déclic.
C’est en réfléchissant à tout cela, que je me suis dit que finalement, peu importe le monde ou la catégorie à laquelle j’appartiens, je vais faire en sorte de vivre un peu plus.
Parce que j’ai quand même la sensation de survivre et de ne profiter de bons moments que trés trés trés rarement.
Il faut donc que je m’attaque à une nouvelle liste : celles des choses que je ne vais plus faire (voir liste ci dessus), ce n’est pas gagné !
Une femme de ménage me direz vous ! ha … ça coûte ! on oublie.
Apprendre aux enfants à faire et non à défaire. OK, en cours d’acquisition.
Manger un jour sur deux. Bon pour le régime, mais seulement le mien, les fauves ne seront pas d’accord.
Ne plus repasser mes 6 corbeilles hebdomadaires, oui, ça fait un peu négligé non ?
Salir moins. Ouiiiiiiii ça c’est déjà en cours bien avancé d’acquisition chez les grands.
…
Bon, je crois que je vais réduire le nombre de cafés que je bois dans une journée “maison”, ça devrait me faire gagner largement une demi heure.
Et ben voilà ! on y est arrivé !
Non, sérieux.
Je sais déjà faire une chose qui est extrêmement importante pour moi : savourer plein de petits instants au quotidien. Ne jamais noircir la journée, d’autres s’en chargent. Rire plutôt que de tout prendre au sérieux ; sauf importance capitale. Apprendre des autres. Echanger dès que j’en ai l’occasion.
Ce que je dois apprendre à faire, mais ça vient tout naturellement d’heure en heure : assumer mon célibat.
Et bien, nous y voilà, j’ai supprimé mes profils des sites où j’étais inscrite.
Feuilleter un magazine pour célibataire ne m’intéresse plus ! Je suis dans la catégorie “femmes seules”, j’y reste, jusqu’à ce que ça change, mais naturellement ! et hop ! un problème en moins ! héhé
ça avance, ça avance !
Petit PS non négligeable.
L’un des fistons est en pleine adolescence, crise (ce n’est pas une obligation de la faire, mais bon, lui il l’a fait).
Jusqu’à présent, aucun problème pour l’élever, ça roule, de toute façon, problème ou pas, c’est bien à nous, les mères, de nous en charger … puisque le père … vit sa vie de son côté, ne voit rien ou tout de loin, mais de trés loin, trop occupé à essayer de faire sa vie, ne pose pas de questions, suit tout ça vaguement, comme un vieil oncle.
Alors, vu l’ampleur du problème rencontré, là, il faut prévenir le père. Ce que je fais, ce qui me semble normal.
Je sens que le 5° déclic ne va tarder, le père vient de me dire que tout ceci “était bien fait pour ma gueule” (désolée, la grossiéreté n’est pas mon genre… mais là, je répète).
Donc, en gros, pour ceux qui n’auraient pas compris : je dois me débrouiller (je reste polie).
… on pourrait imaginer que ceci devrait faire naître chez moi une haine prodigieuse des hommes …
laissons décanter…
~ par Pomme le 26/02/2008.
Publié dans Métamorphose
Mots-clefs: absence, célibataires, couple, décompresser, ennui, exister, femme, homme, internet, ménage, pére, rencontre, rire, solitude

pouf! pouf! (comme riait Desproges…), moi j’aime bien être père célibataire et c’est le même programme !
;o)
… tout dépend du nombre d’enfants … et de leur âge. hmmm ?
Mais oui, je connais des péres célibataires, délicieux à croquer ! surtout quand ils ont le tablier du cuistot ! et qu’ils disent : “à table” !