Blog d’emploi

Je suis tellement passionnée par les bouquins que j’ai pris une terrible habitude : en commencer plusieurs et prendre celui qui m’inspire avant de plonger sous la couette. Je lis aussi ce qui m’intéresse au moment où j’en ai besoin, faut reconnaître.
Pas grave en soit, il ne s’agit pas de roman, je ne perds donc jamais le fil. (et quand il s’agit de roman, je suis tellement emportée par l’histoire que le livre ne fait pas une semaine)

Je suis plutôt orientée psycho (thèmes en tout genre). En fait, tout comportement humain m’intéresse et c’est en fonction de ce que j’ai vécu dans la journée par exemple que je serai attirée par l’un ou par l’autre.
Inutile de vous dire qu’on ne marche pas à côté de mon lit, les bouquins y sont empilés, et on n’y touche pas !
J’avais commencé l’année dernière :

Pourquoi je l’ouvre hier soir ? franchement, parce que rien d’autre ne m’inspirait. Ou parce que j’avais besoin de tomber sur ce que j’ai lu …

Bref, je tombe sur la partie : “journaux intimes et blogs”.

L’auteur y explique le pourquoi de cet attachement à son blog, tout autant qu’on pouvait l’être au journal intime qu’on cachait le mieux possible autrefois.
C’est notre double, c’est là où nous pouvons y dire tout ce que nous avons envie.

Je fais abstraction de tous les autres blogs qui ont un caractère, soit artistique, soit politique, soit social (je dois en oublier).
Depuis que je suis entrée dans ce monde, je découvre des journaux intimes fabuleux, aussi bien féminins que masculins.
L’auteur de cet ouvrage ne parle bien sûr, que des femmes, mais moi, j’ai envie de vous parler de tout ce que j’y vois, du côté masculin.

Je découvre en fait un monde où les hommes parlent d’émotions ! quelle chance ! quelle merveilleuse trouvaille que cette possibilité d’épancher son coeur, de raconter sa vie, de façon positive ou négative !

Enfin !, nous sommes arrivés à l’ère où les hommes savent se dévoiler et parler d’eux !
Trop longtemps, à mon goût, l’homme devait parler politique et la femme chiffons et surtout, les sentiments ne s’étalaient pas en public.

Ce qui plait dans les blogs, c’est aussi notre lectorat qui réagit, qui nous parle ou pas.

Je reconnais que quand je lis un billet qui m’intéresse, j’y laisse volontiers un commentaire, soit pour donner mon avis, soit pour féliciter, en tout cas pour réagir.
Et finalement, n’est ce pas ce que tout un chacun cherche en bloggant ? la réaction, l’approbation, le conseil, un autre point de vue, la compassion …

L’auteur dit fort justement : “… l’oeuvre prend forme mais elle est (plus ou moins) reconnue et trouve son public, une foule à la fois anonyme et intimement proche, compréhensive, chaleureuse.” (qui a envie de se faire insulter sur ses propos plus ou moins intimes ?!)

Il dit aussi que les femmes se lâchent plus volontiers qu’elles ne le faisaient dans leur journal intime. J’ignore pour les autres, pour ma part, il est bien des choses que je n’écrirai ni ici, ni ailleurs. Cela fait justement partie de mon intimité que je n’ai pas envie de rendre populaire.

Mon blog est devenu pour moi un élément important dans ma vie, il me semble être plus légère chaque fois que j’y fais un billet d’humeur.

Qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, j’ai remarqué aussi que ceux qui sont de ma génération, pour la plupart, ont tendance à rester “soft” dans leur propos. On décalle de 10 ans seulement en moins et là, les propos sont plus francs et plus incisifs.

Quoi qu’il en soit, je suis ravie “d’entrer” dans la tête de ces hommes et de lire leurs émotions. Moi qui ai longtemps pensé qu’ils resteraient de nombreuses séquelles de l’éducation qui voulait faire des hommes forts et dépourvus de sentiments, qui ne pleurent pas, qui aiment mais ne le disent pas, me voilà rassurée.

Je restais toujours pantoise quand je lisais des romans écrits de plume d’hommes, de part la qualité à exprimer des émotions.

J’ai été bien sûr bercée dans mon enfance par les contes de fée et toute histoire où se trouvait un prince charmant ; plus tard, par des romans d’amour où l’héroïne ne pouvait qu’être moi (ha ! “Autant en emporte le vent”, lu et relu puis vu et revu) ; ensuite, par des films où l’Amour triomphait toujours ; puis par la vie qui m’a montré la réalité…
Alors merci à vous tous, messieurs, pour vos écrits, pour ces émotions que vous nous dévoilez et pour les bons moments que je passe à vous lire !

Il n’empêche que je reste encore et toujours surprise, tout comme je l’étais lorsque je me balladais sur les sites de rencontres, de voir autant de jeunes vivre mal leurs amours, avoir autant de mal à construire. Etait-ce plus facile pour nous à leur âge ? de quoi s’interroger quand même parce que les jeunes (j’entends entre 20 et 35) se retrouvent aussi dans la situation de ne plus savoir comment, pourquoi …

Et puis, quand on voit qu’un blog ne bouge plus, on est heureux d’imaginer que celui qui n’a plus besoin d’écrire, a trouvé une jolie compensation, en tout cas, on l’espère !

~ par Pomme le 11/05/2008.

4 Réponses to “Blog d’emploi”

  1. Infatigable exploratrice des cœurs mâles mis à nus? Biologiste partant loupe vissée à l’œil à la recherche des transports du côté de l’autre sexe? Vocation intéressante et intrigante, qui procède vraisemblablement d’un trop décalage entre les attentes et la réalité en amour. Mais pour sûr non les hommes ne sont pas moins sensibles, la différence, si tant est qu’il y en ait une (et je suis sacrément réticent à l’idée de véritables différences entre hommes et femmes), réside peut-être dans le rapport au temps et à l’espace. Jacques Brel disait qu’il avait beau avoir une haute conception de l’amour, elle ne s’accordait pas avec les (ou ses) femmes, parce qu’elles demeuraient viscéralement attachées à une conception du bonheur à deux plus routinière, casanière, là où l’homme rêve de concilier l’amour avec sa vocation profonde d’aventurier, d’explorateur, qui le pousse à fuir la vie bien rangée, trop curieux qu’il est de savoir ce qu’il y a de l’autre côté de la colline.
    Enfin c’est juste une idée en passant…

  2. Non non, infatigable exploratrice des questions humaines … féminines, évidemment, c’est plus facile pour moi, mais comme je ne suis pas objective, je m’intéresse aussi aux comportements de mes congénères (des fois qu’elles auraient des secrets que je n’ai point ! ;-) ).
    Le rapport au temps est ce qui sépare le plus les hommes et les femmes puisque les uns ne se rendent compte du temps qui passe que trés tard alors que les autres sont rythmées depuis toutes jeunes. La perception ne peut être que différente oui !
    Que l’homme soit épris de liberté (surtout certains, n’est ce pas ?) ok, mais tout dépend de ce qu’il en fait !
    J’aime assez les idées qui passent :-D

  3. Bonjour ‘Ketty Scarlett’ ;-)

    Je partage votre goût pour ‘Autant en emporte le vent’. Lors d’une récente discussion de famille j’exprimais cependant un penchant plus affirmé pour ‘Doctor Jivago’ ; même si je suis un inconditionnel des ‘Enfants du Paradis’.

    Cela doit faire environ deux mois que je vous lis et parmi les sentiments que cette lecture nouvelle a créé, c’est sans doute la compassion qui m’a étonnamment le plus envahi. Tant et si bien que je m’en suis confié à mon épouse.

    N’est-ce pas étrange de ressentir de la compassion pour une personne inconnue ? Peut-être pas si l’on veut bien considérer que nous sommes semblables, de la même espèce, du même genre humain.

    Ou bien peut-être parce que comme l’écrivait Anaïs Nin : “Quand on connaît un être à travers son œuvre, on a l’impression qu’il vivra éternellement”.

    Cela dit, ce que je trouve le plus étrange c’est l’épanchement personnel que suscite cette nouvelle forme de journal qui m’étonne. Malgré une tentative je n’ai, quelque part, pas su me résoudre à prendre le monde pour témoin de mon existence et j’ai abandonné l’idée de suivre un blog. Je préfère saupoudrer les journaux de mon goût avec mes commentaires.

    Très cordialement en vous souhaitant tout le bonheur de monde !

    A bientôt

  4. Bonjour Daud,
    Vous saupoudrez à merveille dites ! :-)
    Comme vous m’avez touchée avec, vous aussi, vos mots ! Dommage que vous ne franchissiez la porte des blogs que chez les autres, je doute qu’on s’ennuierait à vous lire.
    Je suis généralement un peu gauche quand on fait naître une émotion pareille chez moi ! Merci mille fois ! Vous n’imaginez pas à quel point je suis émue de vous avoir lu (plusieurs fois, je reconnais).
    A bientôt, avec plaisir !

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