Stratège dijonnais
Tout commence avec mon billet vous racontant la magie de la fameuse chouette “qui porte bonheur”.
Me voilà donc arrivée à Dijon, mardi matin, après une nuit terrible sur un lit terrible, bref, je me gare à très exactement 9h25.
Chaque détail compte, aussi, si vous manquez de temps, remettez la lecture à plus tard. (parce qu’en plus, je sens que je suis partie pour faire des kms !)
Ainsi donc, au moment de faire avaler quelques pièces à l’horodateur, un jeune homme, bien de sa personne, m’interrompt dans mon geste pour me demander si j’ai besoin d’aide…
On n’est pas habitué à ça n’est ce pas, on se demande, on scrute le personnage.
Une fois bien scruté, c’est à dire en un 10° de seconde, je me rends compte que le jeune homme est un employé de la sainte ville dijonnaise.
Je lui explique donc que je suis un tantinet ennuyée : 3h maximum alors qu’il m’en faudrait 6 de plus… que de surcroît, je ne pourrais pas donner à manger à l’horodateur toutes les 3 heures… on peut dire qu’il tombe à point nommé ce brave dijonnais.
Alors, il m’explique que la ville a pensé à tout (enfin, le conseil quoi) : il peut me faire “un prix” (héhé) pour tenir jusque 18h, sans craindre le sabot, ni le PV, ni la grosse voiture qui prendrait la mienne.
Adjugé !
J’en profite pour lui demander s’il peut m’indiquer, d’une part, la chouette, d’autre part, la rue où je dois me rendre pour liquider mes quelques neurones restantes (rassurez vous, je ne lui ai pas dit ça).
Chance : la chouette est derrière, là bas, juste derrière le bâtiment blanc que vous apercevez (comptez à peine 500 m en gros) + la rue qui se trouve de l’autre côté, décidemment, je me suis garée là où il faut pour être au top !
Vous êtes prêts ? installés confortablement ? tout ce qu’il faut à portée de main ? .. c’est parti !
9h30 me voilà donc partie dans la direction indiquée de la chouette. Au bout d’à peine 100 mètres, que vois-je au sol ?
Bon, je vous ai épargné TOUTES celles que j’ai vues, bien sûr, mais, en fait, l’astuce, c’est qu’il y en ainsi qui se suivent de métre en métre.
Que fait donc une Pomme dans ces cas là ? elle suit bêtement n’est ce pas. Bon, ça l’amuse un peu, faut reconnaître (pour l’instant).
Je déambule ainsi donc dans les rues de Dijon, nez au sol. Parfois, parce qu’ils nous font traverser des routes, nous font perdre la trace, je lève le nez. Je le lève aussi parce que j’ai une impression terrible d’avoir l’air complètement gourde à regarder ainsi une série de chouettes fléchées. Ca se confirme quand je passe dans la cour du musée des Beaux Arts. Au lieu de “couper le fromage” pour rejoindre l’autre porte, je suis la trace de la chouette … regards amusés des étudiants (pas de bol, ça doit être l’heure de la pause) et donc, je fais deux longueurs (d’un carré) …
Bon, ça commence à vous sembler long ? Et bien tant pis, parce que moi, ça a ressemblé à un chemin de croix mon aventure !
Il doit être aux alentours de 10h et je me dis que Dijon est bien joli, certes, mais qu’entre la distance indiquée par le jeune homme et l’endroit où je me trouve, il doit bien y avoir un léger problème n’est ce pas …
Mais la Pomme est têtue, elle a DECRETE qu’elle toucherait la chouette, (presque) quoi qu’il arrive.
Comme je vous aime bien, je vous passe le nombre de fois où j’ai zigzagué au lieu de suivre une logique de chemin, notamment en traversant, en perdant la trace, en revenant en arrière, en scrutant de loin … bref, les pieds chauffent, les nerfs sont tendus, la Pomme risque fort de finir par s’énerver. On a assez rigolé hein !
Il semblerait que non puisque, craignant de me perdre, je continue sagement le parcours pour arriver … à des flèches qui font … demi tour.
C’est amusant n’est ce pas ?
Moi qui suis d’une logique quasi obsessionnelle, je me dis que si, LA, ça fait demi tour, c’est qu’il doit bien se passer quelque chose ICI. Le nez levé je découvre … le syndicat d’initiative ! ha c’est malin ! ho que ça m’énerve !
J’entre donc, pour tenter de trouver un peu de réconfort et surtout une bonne nouvelle. Et des chouettes, ben là, il y en a partout ! mais pas la bonne, pas celle que je veux toucher bon sang de bon sang !! J’interpelle la jeune fille qui m’explique que je viens de suivre le parcours qui permet de voir tous les momuments de la ville.
Il y a des moments comme ça, dans votre vie où un je-ne-sais-quoi vous retient d’étrangler … Ce je-ne-sais-quoi est évidemment : QUI ?
Bon, rassurons nous, il n’est QUE 11h, je n’ai marché QU’UNE HEURE ET DEMI, et je ne suis QU’A 10 minutes à pied de la salet jolie chouette-porte-bonheur.
Vous pensez que vous avez terminé ? héhé, faut pas rêver hein ! avec moi, on ne s’ennuie jamais ! Bon, comme j’étais seule, je ne m’ennuyais pas. (mes pensées étrangement, allaient vers cette chouette que je commençais à maudire …)
Allez, positivons : j’ai fait le tour de Dijon et franchement, c’est magnifique !
Comme je l’avais fait en voiture avant de trouver à me garer, je savourais quand même un peu (si si) les jolis monuments et les vitrines (haut de gamme oufffff).
Bien, j’arrive donc en plein marché. J’aime les marchés dans les autres villes. Il y a un petit côté “vacances” et j’en profite pour flâner (j’ai pas encore eu ma dose). Et là, je tombe sur une petite robe superbe … je ne suis qu’une femme …
Coup de foudre, j’interpelle le monsieur et le coquin, après avoir vérifié qu’elle pourrait aller, question tour de poitrine, me fait remarquer que je n’ai pas un accent trés marqué (ho quel compliment, si vous saviez l’horrible accent de ma région !!!!). Je lui explique que je viens de plus haut et que j’achète sa robe à une condition : QU IL ME DISE ENFIN OU SE TROUVE CETTE FICHUE CHOUETTE.
Ô joie : elle est à 100 m derrière lui !
Ô délice du chemin qui va enfin se terminer !
Ô bonheur pour mes pieds qui fument et ont du doubler de volume dans mes nus pieds-pas-prévus-pour-de-longues-marches.
En effet, je vois, devant moi… la fameuse église … et l’inscription (que je regrette de n’avoir pas prise en photo) sur le mur “Rue de la chouette” !
Vous me croyez si je vous dis qu’il m’a encore fallu 10 minutes pour la trouver ? vous me croyez n’est ce pas ? parce qu’elle est toute petite et pas indiquée et scultée dans un mur lambda et pas éclairée et rien du tout quoi !
J’ai été sauvée par un groupe de passants qui s’est arrêté net devant un mur … et j’ai trouvé haaaaaaaaaaaaaa j’ai trouvé !!!!!!!!!
Amusant de se dire que maintenant, si je la touche, elle va me porter bonheur !
Allez, je touche ! et deux fois hein ! voyez vous même :
Ceux qui ne connaissent pas NEMO (un des Walt Disney), ne pourront comprendre l’astuce, mais après, je n’arrêtais pas de me dire : “j’ai touché la chouette”. Et là, jamais rime n’a été mieux appropriée : “j’ai touché la chouette, mais qu’est ce que je suis bête parfois” !
Donc, l’allusion à Némo : c’est ce petit poisson qui veut prouver à son papa qu’il est plus grand qu’il n’y paraît et, pour épater la galerie, s’éloigne pour aller toucher la berque (oui oui, la berque et non la barque). Bon, après, ça tourne mal, mais ça aussi, c’est une autre histoire !
Après avoir fait fumer mes pieds, j’ai fait fumer le cerveau, autre gymnastique, autre style.
Comme je viens de vous raconter une longue histoire, j’en laisse un peu pour la prochaine fois !




Merci pour cette note d’humour, j’ai bien ri. J’apprécie beaucoup votre capacité d’autodérision. Décidément ce journal est un remède à la tentation anxiogène de ces nouvelles qui de partout nous assaillent.
La vie est si courte, parfois aussi si moche, manquerait plus qu’on ne rit pas !
Loin de me voiler la face, non ignorante de ce qui se passe tout autour de moi, chaque jour, si mes moments de détente sont aussi les votres, vous m’en voyez ravie !
J’ai renoncé aux journaux télévisés depuis … ouf … 14 ans. Mais je suis entourée de gens qui ne les ratent pas … et donc … j’écoute, résumé et sans image, c’est tout aussi bien.