Donner sa voix
Préambule 1 : Hommes sensibles, s’abstenir
Préambule 2 : je sais, je suis désagréable
Préambule 3 : l’homme dont il est question dans l’histoire n’est même pas un quadra !
Je vous ai raconté récemment que la Petite Sirène est amoureuse de mon Piou. Pour ne pas la décevoir, vous comprendrez que le Piou passe en boucle le DVD.
Je connais l’histoire puisqu’elle a aussi, sans doute, été très amoureuse de mes deux grands (elle est d’une instabilité alors ! …surprenant chez une femme … euh, non, elle est jeune …).
Je ne fais donc que rarement attention à l’histoire qui se déroule à quelques mètres de moi. Surveillance oblige car il est hors de question que mon Piou regarde n’importe quoi et surtout pas les inepties de dessins animés bon marché de la TV qui n’ont aucun sens pour la plupart…
D’autant que ce matin, le temps que le DVD démarre soit 2 minutes à peine, il y avait une sinistre histoire où les arbres avaient des bras et des yeux digne de frankenstein. Ca a suffit pour lui faire peur et le faire pleurer… Bref, il s’est donc vite consolé en voyant arriver Ariel sur l’écran.
Bon, vous devez vous demandez où je veux en venir …
Aujourd’hui donc, je vous raconterai l’histoire odieuse s’il en est, de la Petite Sirène qui, pour pouvoir rejoindre l’homme dont elle est tombée amoureuse (non pas mon Piou, ça, c’est pour de faux) échange sa si jolie voix contre une paire de jambes.
L’horrible sorcière est une bonne vendeuse puisqu’elle lui sort un tas d’arguments auxquels j’ai fait attention ce matin :
Les hommes ne font pas attention à la voix mais à l’allure
Les hommes ne supportent pas les pipelettes
La voix ne sert à rien puisque le corps s’exprime à sa place
Parler sert surtout à ne rien dire.
Il arrive donc le moment fatidique où la jolie se retrouve muette mais équipée de gambettes.
Réflexion et tentative de corrélation avec ce que j’entends parfois.
Si, d’une part, on ne dit plus rien, nous, les femmes, ça va être lourd puisque la plupart des hommes ont choisi d’écouter plutôt que parler. Bon, j’en connais qui parlent, j’en connais même des plus bavards que moi (faut avouer qu’ils font fort) … j’en connais des-qui-aiment-entendre-des-voix (et qui feraient bien de se contenter d’entendre ce qui est dit uniquement), mais bon, vous, les hommes, franchement, vous préférez quoi ? Une muette ou une bavarde ?
Dites, c’est vrai qu’il vaut mieux se taire ?
Parce que, que devons nous retenir de ce dessin animé ?
Le garçon finit par tomber amoureux de l’autre moche, la sorcière qui a piqué la voix. On pourra donc en déduire qu’il n’est amoureux que de la voix, puisque, une fois la voix récupérée par Ariel, il fonce vers elle…
Non, moi, je n’en déduis qu’une chose : les hommes sont bien instables !
Moralité 1 : choisir un sourd (et un aveugle si vous n’avez pas de gambettes) !
Moralité 2 : Je me demande s’il est bon que mon fils regarde ça finalement …
Il y avait bien longtemps que je ne vous avais pas fait votre fête, ça me manquait … quelque part
PS : Je n’attends pas de réponse aux questions parce que : 1/ je suis bavarde et 2/ je n’ai pas envie de changer et 3/ vive le naturel et 4/ s’il faut tout changer, autant renoncer de suite
!
Mais tout commentaire est le bienvenu
(je précise cela car voyez vous, mon blog, loin d’être déserté, connait un phénomène étrange : les commentaires m’arrivent sur ma boite mail directement !)

Muette ou bavarde, pas simple de choisir en fait, je dirai que ça dépend des moments, d’où la tentation de la bigamie parfois.
Mais non ! le mieux, c’est le célibat pur !
Adam a été tenté, tu vois où ça l’a mené !
ha les hommes, ce que vous pouvez être pénibles alors ! après, il, y en a, qui, comme ça, innocents qu’ils sont, s’étonnent que je leur fasse la fête !
J’imagine mal un discours féministe émanant d’une histoire de Disney. L’important est dans la discussion et l’échange avec l’enfant autour de ce qu’il a vu, à mon sens.
C’est parce que je suis sensible que je ne me suis pas abstenu ; prenant ainsi le parti de déroger au contenu du premier préambule.
Bonjour Daud,
Les Disney sont chargés, comme tous les contes, de discours importants pour les enfants, rien n’est fait au hasard, j’ai remarqué il y a longtemps déjà que, par exemple, les mamans étaient souvent absentes, ce n’est pas pour rien. Il y a un livre qui s’appelle : “Psychanalyse des contes de fées”, fort passionnant pour nous expliquer tout ça.
Aucun discours féministes, juste la possibilité donnée à l’enfant d’exorciser parfois ses pensées ou ses craintes. Fort intéressant, vraiment !
Je plaisantais pour les préambules, parfois, il faut savoir dédramatiser et j’aime les réactions qui peuvent naître de ce type de discours.