L’addition

Pour qu’on me trouve (peut être), un peu moins sévère, un peu moins agressive aussi vis à vis des hommes, je vais tenter de vous expliquer de quelle addition je parle dans un de mes derniers commentaires…

Quand on a, comme moi, l’immense bonheur d’avoir été larguée deux fois par des papas peu scrupuleux, ça commence avec les enfants, petits, qui pleurent, qui souffrent.
Ils pleurent parce que, bien sûr, ils s’ennuient de leur papa – ce que les papas ne savent pas souvent, bien sûr, lasses que nous sommes, nous les mères, de tenter de leur faire passer ce message complétement insignifiant et insensé pour eux.
Ils ne comprennent pas, parce que, d’une part, ils ont décidé de mener leur vie et d’autre part, ils ne savent absolument pas ce que ça veut dire.
Et puis, dans les bras d’une jolie nana, qu’est ce qu’on s’en fout des enfants !!!!
Un enfant qui pleure parce qu’il rentre d’un week end passé avec son papa est déchiré. Vous penserez peut être que c’est l’histoire de quelques heures et ça passe.
Alors, d’abord, ces quelques heures, il faut tenter de les faire oublier, dans le coeur du petit, il faut expliquer, bercer, câliner, tenter de trouver de quoi lui détourner l’attention.

Et puis, ça revient régulièrement, quand même. Donc, le petit nous parle en jours : “il travaille le lundi mon papa ?” et ça marche pour tous les jours de la semaine !

L’addition, c’est aussi tout ce qui va autour. Pour “payer” la séparation, le papa gâte à outrance. Il cède à beaucoup de caprices aussi.
Derrière, la maman doit avoir les nerfs solides pour enrayer le processus dès le retour. Genre ? “y’a une surprise pour moi ?” Parce que, chez le papa, y’a une surprise, bien sûr ! (2 par mois, ce n’est pas la ruine … )

Et puis, plus grand, tenter d’expliquer pourquoi on va devoir se fâcher trés fort avec le papa qui ne paie pas la pension… autre paire de manches. L’enfant trouve, bien sûr, la maman trop injuste !

Pourtant, la maman, elle, se dévoue corps et âme pour ses enfants, depuis qu’ils sont petits. Elle a appris à les défendre toute seule, à les élever bien sûr, toute seule, à décider toute seule, à jouer parfois le rôle de la méchante, à tenter d’être sévère en tout cas.

Et puis, l’addition, c’est aussi tout ce qu’on leur refuse, pour des raisons pratiques : les emmener à une fête et aller les chercher au milieu de la nuit ; inviter 30 copains d’un coup ; aller là alors que l’autre voudrait aller ici …

D’autres blessures viennent remplacer les larmes des petits. Et ça, les papas, ils en sont bien loin quand un joli décolleté les a appelé au loin ! en même temps, ça ne les dérange pas plus que ça car, pour reprendre une phrase fétiche du père de mon petit qui le voyait pleurer : “Il s’habituera” …

 

Alors, oui, parfois, je trouve l’addition trés salée ! et mon ordinateur me permet de me soulager …

~ par Pomme le 08/06/2008.

13 réponses to “L’addition”

  1. Oui, l’addition est salée, trop salée ! Que dire devant tant d’injustice… Personne ne mérite de vivre ça. Et ne t’excuse plus de tes remarques acérées, tu en as le droit et même l’obligation, si cela peut aider d’autres qui connaissent les mêmes débuts difficiles dans leur vie de couple…

  2. Egoïstement, ce soir, et seulement ce soir, parce que le coeur cogne fort, j’ai envie de dire que je voudrais bien que ça m’aide d’écrire tout ça. Parfois oui, parfois non…
    Tout est toujours proportionnel à des douleurs qui se réveillent alors qu’on ne leur a rien demandé !
    Et puis, tous ces hommes qui font des apparitions, puis des disparitions soudaines, ça m’énerve !!!!
    J’aurais du glisser qu’on tente de me ficher la paix, je le fais ici, on finira bien par comprendre !
    Taper à ma porte n’est pas trés intelligent quand on a lu quelques uns de mes billets finalement … Tu vois bien Joël, y’a un truc …

  3. Je sais combien tu as raison. Te rappelles-tu nos dials et comms sur ce monde virtuel que représente l’univers des blogs ? Je disais qu’il autorise toutes les audaces. Ce mot à l’évidence est trop faible pour ceux qui profitent de cet anonymat pour jouer des jeux malsains, bien au-delà de la simple manipulation des mots et des circonstances !

  4. Non, Pomme, vous pouvez lui dire qu’on ne s’habitue pas et ce qui fait mal fait encore mal, même la centième fois. Et l’absence de larme ne signifie pas l’absence de souffrance.

  5. @Joël : oh que oui je me souviens. J’ai une mémoire terrible (pour les autres). Juste une chose : l’anonymat ? ah non, on connait le nom, le téléphone, au moins ça !!!!
    Le jeu malsain, comme tu dis, est devenu monnaie courante, en effet ! pauvre bêtise humaine…
    @Daud : que je lui dise (d’ailleurs je l’ai fait), cela ne changera rien. Un homme qui choisit de partir en laissant son petit, se moque éperdumment du chagrin consécutif et surtout, ne veut pas l’entendre ! Dans ces cas là, il n’entend pas ce qui le dérange … et là, je suis bien placée pour en parler, je l’ai vécu deux fois !

  6. Ton histoire est malheureusement trop “classique”.
    De mon point de vue de Papa, je ne peux imaginer vivre sans mes enfants ou les voir à temps partiel. Je n’ai jamais compris ces hommes lâches qui abandonnent leur foyer pour une histoire de q.
    C’est toute la difficulté : peut-on faire une croix sur un hypothétique “bonheur” personnel et rester malgré tout ? Jusqu’où des parents doivent se déchirer ou prendre tout sur le dos (et prendre “patience”) pour l’équilibre des enfants (ou plus prosaiquement ne pas perdre la joir d’être avec eux au quotidien). Anna Gavalda a écrit un bouquin formidable sur le sujet : “je l’aimais”.

  7. J’ai lu Anna Gavalda oui !
    Pour répondre à la question posée, je pense que, quand on n’est pas matûre et complétement irresponsable, on se garde bien de s’engager avec qui que ce soit… à moins d’y voir un intérêt … financier (je connais).
    Voilà tout le problème !

    Euh, Joël : quand je te le dis que tous les hommes biens sont pris ! ;-)

  8. :P

  9. Oui, ben y’a pas de quoi se marrer hein ! d’autant qu’il paraît que toutes les femmes biens sont prises aussi ! et vlan ! (moi, suis neutre, ni prise, ni à prendre)

  10. Allons, Pomme ! Ne soyez pas si dure avec vous-même !

  11. Mais, je ne suis pas dure, peut être un peu blasée … sans doute même ! ;-)

  12. OUI =:-|
    “je l’aimais” d’Anna Gavalda… lu … et relu ! Quelque soit le côté de la barrière où l’on se trouve, on peut s’y reconnaître.
    Emouvant.
    Sonia

  13. Magie de ces auteurs qui savent si bien nous parler.

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