Bonheur et bonheur
24 fév 2009 5 Commentaires
by Pomme in Le quotidien, Métamorphose
Un amalgame d’observations :
si on sort, pour aller dans une ville, même de taille moyenne, on est agressé par des panneaux publicitaires.
Aux entrées des villes, il y en a parfois tant qu’on est incapable d’en lire un seul.
Evidemment, cela dépend des circonstances.
Je me souviens par exemple lorsque je voyageais pas mal, je recherchais le panneau m’indiquant l’hôtel. Donc, ça m’arrangeait de trouver la direction sans avoir à tourner.
Ensuite, j’observe les gens qui m’entourent lorsque je vais faire des courses.
Il y a “les petits budgets” qui donc sont souvent pliés en deux pour acheter le produit le moins cher en bas du rayon. Et puis, il y a les autres. Je regarde le caddie qui se déverse sur le tapis roulant.
Combien d’objets achetés pour se faire plaisir ?!
Et c’est là où réside le problème.
La société de consommation nous a fait croire que le bonheur s’achète, le tout, à renfort de slogans.
J’ai même vu une pub aujourd’hui pour un assureur qui faisait rimer le tout avec bonheur !
A force, on a fini par y croire tellement qu’on y laisse beaucoup d’argent !
Et puis je lis cet article magnifique.
Et je pense à mes enfants.
J’ai tant de fois répété aux grands que le bonheur ne s’achète pas. qu’il est là, à portée de notre main.
J’ai connu des hauts et des bas. Des bas qui m’obligeaient à leur dire non pour l’achat d’un nouveau jouet. Et lorsqu’ils me faisaient remarquer que tel autre gamin l’avait, je leur demandais juste s’ils étaient sûrs qu’il était plus heureux pour autant.
Je lis avec beaucoup d’intérêt (mais trop lentement à mon goût) le dossier paru dans Le Nouvel Observateur de fin décembre (c’est vous dire si je lis vraiment lentement) : A la poursuite du bonheur.
” Qui peut désormais ignorer qu’il y a une part récalcitrante de l’existence humaine dont l’indépendance est le premier besoin ?
En chacun de nous une voix rebelle réclame le droit de définir son propre bonheur en ignorant paisiblement la contrainte collective ;…. Sans doute l’autorité publique a-t-elle une tendance irrépressible à définir le bonheur des hommes et à leur dire : laissez-nous faire, nous allons le fabriquer pour vous.
Et Benjamin Constant de dire : “Prions l’autorité de rester dans ses justes limites. Qu’elle se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux.”
Or, à quoi préparons nous nos enfants ?
A avoir déjà des modèles.
A penser comme les autres.
Je crois que nous avons oublié d’être nous même. Nous en avons même oublié de poser nos propres limites du bonheur.
Un peu plus loin je m’arrête sur cette phrase : “D’une part le bonheur a été délogé de l’au delà et c’est donc ici, tout de suite, qu’il faut être heureux, alors que la vie est courte et que le temps presse.”
Je ne suis pas une révolutionnaire qui rejetterais tout pour en revenir au temps des cavernes mais trop, c’est sans doute trop. La preuve, le fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
Or je pense que le bonheur se trouve ailleurs.
J’entends et je vois un peu partout rejaillir la fameuse parole d’un publiciste qui considère que le fait de ne pas avoir de rollex à 50 ans c’est avoir raté sa vie.
Je pense simplement que rater sa vie c’est avoir cru que le bonheur se trouvait dans un objet.
fév 25, 2009 @ 01:00:57
Ca y est, je sens l’angoisse monter brusquement en moi à la lecture de ce billet…
Encore quelques années et je pourrai dire que j’ai raté ma vie… Au cas où, ça marche quand même avec les Rollex à 2 balles achetées en Tunisie ?
Dites Docteur, je dois vous avouer que cela fait maintenant de nombreuses années que je ne porte plus de montre et pourtant je n’aime pas être en retard, et je le suis très rarement.
OK je triche, j’ai l’heure sur l’ordinateur, sur la moto, dans la voiture, sur le téléphone, à la maison… A société de consommation quand tu nous tiens !!!
Pour revenir à ce que tu dis, c’est vrai que nous sommes assaillis par la société de consommation, mais ce n’est pas pour cela que tout le monde y succombe.
Perso, je n’ai pas un petit budget et pourtant je suis souvent plié en quatre (et oui, 1,87m) pour trouver le produit le moins cher et, bien souvent, je le trouve dans un magasin de discount.
Ce n’est pas de la radinerie, encore moins une nécessité, juste ce qui pour moi (pour nous avec ma femme) est du bon sens.
Mais par contre, oui, nous nous faisons plaisir, mais où est le mal ? J’ai la chance d’avoir un travail, une maison, je ne pense pas gaspiller mais comme on dit souvent “Je ne l’emmènerai pas au fond du trou”.
Dois-je me cacher des “petits budgets” ? Non, je ne le pense pas, mais par contre je ne l’étale pas non plus.
J’ai des amis à gros budget, d’autres à petit budget, et bien lorsqu’ils viennent à la maison nous ne cherchons pas à étaler mais juste à leur faire plaisir.
Et ceux qui veulent se la péter (C’est déjà arrivé), ils dégagent vite fait.
Quant aux modèles, et oui il y a certains “codes” parfois importants surtout pour nos adolescents, le tout c’est de pouvoir résister tout en sachant faire plaisir de temps en temps lorsqu’on le peut.
Bon j’espère ne pas avoir dit trop de bêtises, il est tard et j’ai tout “lancé” comme ça venait.
Bonne nuit
Pfff, mais où j’ai mis ces fichues granules homéopathiques contre ma névrose récurrente ???
fév 25, 2009 @ 01:01:43
Euh, désolé pour le pavé, j’avais pourtant sauté des ligne
fév 25, 2009 @ 01:02:30
des lignes, avec un “s”
fév 25, 2009 @ 06:30:57
Être révolutionnaire ne consiste pas, à mon sens, à vouloir retourner à l’âge des cavernes, mais simplement à remettre en cause les principes d’une société génératrice de bien des chaos.
Le malheur dans l’avoir, c’est que le creusement du fossé devient tel qu’il ne concerne plus uniquement le superflu. Quand à peine vingt pour cent de l’humanité dispose de plus de quatre-vingt pour cent des ressources aux seuls fins d’accumuler la richesse, il n’est même pas révolutionnaire de trouver cela absurde, c’est une question de bon sens.
Derrière cela se pose le sens de la vie, le regard que nous posons sur elle et la façon dont nous essayons de la faire aimer auprès de nos enfants pour qu’ils trouvent comme nous les moyens de s’affranchir du diktat consommateur.
fév 25, 2009 @ 12:12:13
Tu vois Gag, je ne pense pas que ce billet pouvait s’adresser à toi. Je crois qu’il y a un tas de gens qui pensent avoir réussi dans la vie parce qu’ils sont au volant d’une grosse voiture et peuvent se payer ce qu’ils veulent et même ce qu’ils ne veulent pas d’ailleurs.
Les valeurs qu’on nous a inculquées sont de cet ordre là.
Mais qui nous a appris ce qu’est le bonheur ? des gens construits sur une société de consommation effectivement.
Et comme vous le dites Daud, on n’apprend rien du sens de la vie, à personne en fait.
J’ai été élevée comme beaucoup d’entre nous sur la base de la réussite sociale mais personne ne m’a dit que je pouvais être heureuse autrement.
mais d’être équilibré dans leur vie privée.
Je m’emploie à l’apprendre à mes enfants afin qu’ils soient heureux comme Gag, d’avoir une fausse rollex un jour
Pour avoir connu des années de franche aisance financière, et d’autres moins bonnes, je peux vous dire que je n’y ai pas vu de différences évidentes.
Mais je suis comme toi Gag, je ne fais pas de différence sociale dans mes amis. J’y préfère la différence intellectuelle.