Moderne disions nous …

Vous connaissez (ou avez remarqué) sans doute le principe de l’instit / prof qui veut des élèves qui comprennent tout, tout de suite, voire qui savent avant d’entrer dans la classe ?
Non !?
Brièvement : l’élève qui ne comprend pas est relégué au rang des ignares et le temps passé à lui expliquer réduit à peau de chagrin.

Bref, je reviens plus vite que prévu : je suis furieuse ! mais alors, furieuse !

Et quand je suis furieuse, je rue dans les brancards, je sors mes mots les plus aiguisés, je monte au plus haut niveau (je tente en tout cas) et je dénonce.
J’en profite au passage pour glisser une annonce : si un avocat, bien de sa personne, célibataire comme pas permis, souhaite refaire sa vie, il y a moyen de négocier.
Parce qu’un avocat, c’est quasiment toutes les semaines que j’en aurais besoin. Autant l’avoir sous la main et joindre l’utile à l’agréable.**

Alors, si certains profs voudraient que tout fonctionne pour ne pas se casser la tête, il y a des techniciens qui font la même chose. J’ai nommé : les techniciens de la hotline que j’ai régulièrement en ligne (haha, vous allez voir à quel point c’est une prouesse d’ailleurs).
En fait, j’en ai un différent toutes les semaines (parce que je ne peux pas faire mieux que l’appel hebdomadaire).

Et pourquoi donc ? parce que ça fait des MOIS que je suis somptueusement emmerdée par ma connexion Internet / Téléphone dite illimitée.
Cela fait donc des mois que mon fournisseur s’engraisse largement sans me rendre le service normalement à fournir.

J’ai donc affaire à des personnes (mais j’ai un doute sur le côté humain) qui me disent chaque fois : on va régler votre problème.
Chaque fois, c’est, suivez bien : une fois par semaine.
Le modem se remet au vert 2 jours et ça plante de nouveau.
Pire : je passe un appel (quand j’ai l’immense joie de découvrir que j’ai ma ligne) mais je n’ai droit qu’à une trentaine de minutes de communication.
Illimité vous disiez Monsieur XXX ? haha ! mais non ! 30 minutes maxi. Et ne comptez pas rappeler : la ligne reviendra selon le bon vouloir de Monsieur modem.

Ainsi, j’ai donc au téléphone des techniciens qui, pour se décharger du problème (apparemment insoluble) que je rencontre, m’annonce qu’ils vont (eux) bien s’occuper de moi.
Nous comprendrons donc dès le départ qu’ils pensent que leurs collègues sont des manches et qu’ils sont payés à ne rien faire. Ou à répondre gentiment au téléphone.
Parce que, gentils, ils le sont à peu près tous.

Sauf celui qui m’a promis hier, à 18h qu’il me rappellerait dans un quart d’heure.
Et vous savez pourquoi il ne m’a rappelé ?

Parce que j’ai osé demander qu’ils me débloquent à la vitesse grand V la possibilité d’avoir une clef 3G. C’est à dire le soir même en gros.
Pas fou le monsieur. Il est facile de dire qu’il va me rappeler… sans le faire. Il est loin, je ne peux donc l’étrangler.

Seulement voilà :
1/ pour s’occuper de mon cas, il va leur falloir 5 jours (ce que j’entends régulièrement). A l’issue des 5 jours, si toutes leurs manipulations savantes n’ont pas fonctionné, ils enverront (au bout d’un an, bravo !) un technicien chez moi. Lui, on ne sait pas le temps qu’il met pour venir…
2/ en attendant que fais je ? rien ! j’attends.
3/ mais sous 48 h , vous pourrez bénéficier de la fameuse clef 3 G. Pourquoi sous 48 h alors que nous sommes en 2009 ? A cause de l’administratif bien sûr ! J’ai pourtant donné la solution au monsieur d’hier : “Vous qui avez la chance d’avoir le téléphone, appelez donc la boutique la plus proche de chez moi et faites le nécessaire. Ou faites ça par Internet. Vous êtes mieux équipés que moi j’espère.’”
Non, vraiment, plus manches, je n’ai pas encore trouvé. Mais je ne cherche pas.

J’ai demandé à parler à un responsable. Chez XXX il n’y a pas de responsable. Nulle part ! Jamais ! D’ailleurs, quand on leur écrit par le biais de leurs formulaires “contact”, on n’a jamais de réponse. CQFD.

Vous me direz sans doute que je peux bien me passer du téléphone et du net pendant quelques jours (soit plus de 70 % du temps).
Et bien non, justement, maintenant, je ne peux plus. Mon boulot dépend de ces merveilleux modes de communication.

J’ajoute autre chose qui dépasse l’entendement aussi : la semaine dernière, je me présente à l’une des boutiques. Je vois une offre pour une clef 3G à 1 € auquel s’ajoutent 5 € par mois d’abonnement (pour 3 petites heures, mais quand même).
Devant la somme de coupures, je me dis que c’est peut être la solution.
Même en tant que cliente, il faut montrer patte blanche. Pas de chance, je n’ai pas de facture EDF sur moi !

Comme la ligne revient entre deux, je mets de côté l’idée.
Ce matin, je reprends l’idée et je fonce dans l’hypermarché ouvert.
La dame me dit qu’il faut aussi être abonné au téléphone portable pour bénéficier du prix.
Demi retour. Je paie déjà assez cher un service qui ne fonctionne pas !

Et comme je retrouve comme par miracle ma ligne en milieu de matinée, je fouille sur le portail de mon CHER (très cher) fournisseur. Et je vois que finalement, il n’y a pas besoin d’être abonné à un portable.

Voyez ! impossible qu’ils soient tous d’accord. Comment voulez vous que je sois dépannée ?!

Alors je me demande si, parce que j’ai perdu un temps fou, je ne vais pas m’amuser à demander des dommages et intérêts pour manque à gagner.
Et puis demander le remboursement du fric qu’ils savent (là ils sont champions) débiter sur mon compte…

Parce que, ce qui est illimité, c’est surtout le nombre d’emmerdements rencontrés quand on est client chez eux !

 

** c’est un blague hein ! pas de blagues de votre côté surtout ….

Quand les lectures rejoignent la réalité

Suivant les bons conseils de Gag, j’ai investi dans les deux nouveautés littéraires que sont : ”Travailler avec des cons” et “Vivre avec des cons”.
Pour tout vous dire, c’est excellent.

Ma tendance à conjurer le sort a voulu que je lise “Travailler ..” en premier, c’est à dire pendant les vacances. Pas de risques.

Mais j’aurais du, je le savais bien, lire les deux loin de tout.

J’ai testé pour vous le bouquin ET la réalité des choses.

Il n’est pas prévu que je me lève tôt un jour férié ou le week end mais parfois, ma douce progéniture a des idées fumantes du genre : prendre le train de très bonne heure le jour dit pour aller voir les copains qui habitent à l’autre bout du département.
N’écoutant que mon bon coeur de mère, j’émerge à 6h du matin. Déjà, il faut savoir que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour me planter un sourire épanoui sur le visage.
Mais je suis une bonne nature quand même et j’arrive à prononcer le “bonjour” et le “dépêche toi” d’usage avant de me jeter sur mon thé.

Nous partons donc alors que la France entière dort encore (rage).
Enfin, non, pas entière. Certains se sont levés exprès pour me pourrir la journée.

On croit qu’on peut ne pas avoir un train pour cause de grève. Il y a pire : le ”ben ça marche pô” du guichetier ahuri qui vous dit ça au bout de 10 bonnes minutes d’acharnement informatique.
Quand les minutes, justement, s’égrainent et qu’on sent bien que le train, lui, ne va pas attendre, la fumée n’est pas loin de sortir des narines, tel le taureau près à foncer.
Mais le guichet est à l’ancienne, on parle dans l’hygiaphone, je me demande même si la vitre n’est pas blindée (sont méfiants , normal, ils nous cherchent). On ne peut pas foncer.
On questionne donc : “Bien, comment fait-on”.
“Zont qu’à payer au contrôleur direct”.
Ah oui, mais non, parce que ma carte bleue, ils ne l’utilisent pas. Donnez moi le prix, je vais leur donner du liquide.
“J’veux bien réessayer encore mais d’manière, ça me donne même pas le prix” (notez la syntaxe, et encore, vous n’avez pas l’accent, bande de veinards !).

Je m’énerve, je lâche qu’avec la SNCF tout est possible et à n’importe quelle heure et je conclue en disant qu’il n’y a même pas un distributeur (pour lâcher le pognon aux gamins qui, bien sûr, trépignent).

C’est là où ça devient magnifique … le guichetier (guicheton, guicheteur, au choix) me dit : “ben si, sur le quai quoi”.

C’était tellement plus simple à dire non ?

Bé non, justement, parce que je crois avoir compris : il répond aux remarques et aux questions. Il n’est pas formé pour donner une solution intelligente de lui même.
En même temps, il faut bien que je vous l’avoue : sur la porte de la gare, il y avait une affiche : “Fermée, passez par le portillon directement.”
j’ai osé pousser la porte, j’ai osé …

Et vous savez le plus terrible ? mes fils sont partis sans me dire “au revoir”.

Je ne dormais plus depuis un moment déjà, pourtant, j’ai rêvé, en remontant en voiture, de reculer très vite et très fort pour l’ouvrir toute grande sa porte de gare, jusqu’au guichet tiens.

Moralité : tant que je n’ai pas terminé ce bouquin, je ne sors plus !

Nos ados ne sont plus des enfants et pas encore des grandes personnes (soupir)

Afin d’assurer à tous les parents qui ont une progéniture encore à l’état d’enfants et donc, un lot de phrases adaptées à l’âge, comme l’amie Plume, par exemple, qu’ils verront leur vocabulaire évoluer au fil du temps,
que le ton employé sera bien évidemment très différent,
que les nerfs en prendront un coup au quotidien sauf si on sait : souffler, oublier, zapper, frapper ou bêtement fermer une porte de chambre parfois.

Donc, que dit-on 20 fois par jour (inutilement) à un ado ?

- tu penses à faire tes devoirs (version largement renouvelée en période de vacances)

- tu as du linge sale (il faut savoir que l’ado n’a QUE du linge sale et une armoire vide) ?

- tu manges encore ?! (l’ado a faim une heure après avoir quitté la table et vidé intégralement ses deux assiettes)

- pourrais tu rincer le lavabo/accrocher ta serviette/ramasser tes chaussettes sales/refermer le tube de dentifrice de temps en temps ? (il faut savoir qu’on n’impose rien à l’ado, on lui demande gentiment)

- tu te fous du monde ? tu me prends pour une gourdasse ? (au choix, selon le niveau de mauvaise foi utilisé et là, les nerfs sont un peu à vif, vous oubliez les civilités d’usage)

- où sont passés les ciseaux à ongles ?

- qui a vidé tout le shampooing/gel douche sans prévenir (l’ado est très propre)

- viens chercher ton linge propre (il faut savoir que l’ado quitte rarement sa chambre et ne fait pas le rapprochement entre le fer à repasser et son armoire vide) / phrase répétée à loisir tout le week end et si vous avez un ado sourd, ça peut déborder sur le lundi. Le mardi, vous devez normalement avoir renoncé et balancé l’intégralité du tas sur son lit (que vous retrouverez à terre le mercredi matin)

- tu appelles ça une chambre ?

- tu fais collection de poussières ?

- tu as déjà tout dépensé (l’ado dépense son argent de poche plus vite que vous ne le gagnez) ?!

- viens ranger ce que tu as utilisé (il s’agit souvent de la table du petit déjeuner ou du goûter)

- baisse le son (l’ado vit dans sa chambre mais n’est pas égoïste question décibels)

- c’est normal les paquets de gâteaux vides dans ta chambre ?(la même version existe aussi pour :  petites cuillères, verres, miettes, tout est possible, l’ado déborde d’imagination)

- non je n’ai pas fait les courses (suivi de : oui il n’y a que ça comme desserts)

- bouge tes fesses (l’ado ne quittant pas sa chambre hurle pour vous parler et pense bien sûr que vous êtes à sa disposition)

- viens mettre la table (pensez au préalable à avoir vidé le lave vaisselle, sinon, vous serez accusée d’avoir prémédité le coup, il s’en suivra une discussion sans fin et sans fond mais avec beaucoup de formes qui vous gâchera le repas)

et la phrase fétiche : “débrouille toi” , utilisée dans maintes situations du genre :

- il a un peu séché un cours
- il a un peu oublié de faire un devoir
- il a peu oublié ses affaires de sport (et vous appelle un quart d’heure avant l’heure de cours)
- il a carrément oublié de se lever le matin
- il a retrouvé son tas de linge du mercredi matin, pensé négligemment que ce linge était sale, l’a mis dans sa corbeille et hurle que son armoire est vide …
- il a perdu la clef de la maison (SA clef qui l’empêche de rentrer plus tôt que vous)

au delà des phrases, les mots :

- encore ?! (le o est appuyé fortement)
parce que l’ado abuse de beaucoup de choses ou renouvelle ses expériences pour tester vos nerfs.

- parce que (pas de suivi. Vous aviez appris à expliquer à la version enfant, sachez qu’on n’explique plus à l’ado qui a une foule d’arguments qui ira à l’encontre des votres et fatalement, vous contrarieront, voire vous useront)

Mais surtout, il existe un nombre régulier de phrases pensées mais non dites (pour la paix de la famille) :

- c’est mon fils / ma fille ?
- il le fait exprés ou il est bête ?
- il me cherche …
- mais il va se taire oui !
- rien à leur dire à cet âge là !
- quand je pense qu’il était si mignon tout petit
suivi logiquement du
- ça ne devrait pas grandir

J’ai quand même une bonne nouvelle : ils savent encore dire “Maman” /”Papa” et quelque part ça fait fondre (sachez néanmoins que l’effet est rapide car c’est souvent suivi d’une demande qui ne vous arrange pas du tout !).

Allez, une deuxième bonne nouvelle : nous étions tout pareils à une époque non ? ;-)

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