Les amis d’alors

Vous avez sans doute connu cette impression terrible que « les autres » (amis, famille) s’éloignaient de vous petit à petit, qu’ils ne comprenaient pas ce que vous leur racontiez, qu’ils semblaient limite s’en ficher complètement ?

 

Je ne suis pas sûre que les autres se fichent de nos histoires (sordides, certes) puisqu’au contraire, ils parlent beaucoup des histoires des autres (du style : « han !!! t’es au courant pour machin/machine ? »  (vous avez remarqué aussi ?). Je pense d’ailleurs que nos histoires les passionnent et qu’ils en parlent à d’autres.

Donc, le souci vient d’ailleurs.

Ils ne savent pas quoi nous dire !

Ils ne savent pas quoi faire de tout ça, ni conseiller, ni aider. Rien.

Nous n’avons pas été préparés à aider notre prochain. Surtout quand il est dans les griffes d’un personnage particulièrement odieux.

Parce que peut-être qu’il pourrait s’en prendre à nous, si on défendait sa proie ?! horreur !

Peut-être que nos « amis » se disent : « Mais qu’est ce qu’elle vient encore me saouler avec ça ? A force, je vais trinquer aussi !« .

Peut-être que nos « amis » sont superstitieux ?! Peut-être pensent-ils que le malheur est contagieux ?

Il y a en tout cas beaucoup de raisons qui font qu’on se retrouve isolées à la sortie (quand on en est sorti !) ou dans le déroulement de nos histoires.

Je n’imagine même pas ce que ça aurait pu donner si on leur avait raconté plus du quart du centième de ce que l’on a vécu !

Ah oui, parce qu’ils ne savent pas tout. Tout n’est pas racontable. Tout n’est pas traduisible par des mots. Tout est long à raconter parce que c’est de l’ordre de la manipulation et qu’elle a une force dans la répétition. Que ces « amis » ne trouvent pas « dramatique » que l’autre puisse nous avoir soutenu une chose puis son contraire l’instant d’après. Qu’il est juste impossible d’imaginer que ce que l’on raconte soit … possible !

Des années après, finalement, on se dit que peut-être, il ne fallait pas qu’ils comprennent. Qu’ils n’étaient pas là « pour ça ». Des années après … il ne reste que très peu d’amis d’alors. Et si on a pardonné à certains proches, pour les autres, la sentence est tombée. Après la leur. Aucun intérêt. Même sentence au final que celle qu’ils avaient fait tomber à notre sujet.

Il n’empêche qu’il y a des amis formidables et que leur soutien fait un bien fou.

Ou au moins, leur écoute et leurs mots gentils qui compensent la haine versée sur nous par l’autre.

Quoi qu’il en soit, amies Pommes, relevez la tête et soyez fières. Il vaut mieux être Pomme qu’assassin ou lâche ou dépourvu d’empathie !

Et si vous avez perdu des plumes et des amis, c’est toujours mieux que d’être restée.

 

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